« Eux aussi font le sport français… » avec Mathieu Poplimont, fondateur du magazine Le sport business et du site éponyme

Elles/ils sont DG d’institution sportive, expert du sport business, avocat, chasseur de têtes, DG d’association d’élus locaux, lobbyiste, DTN, ou directeur des sports de collectivité territoriale, ils connaissent le sport français, ses enjeux, ses acteurs mais on les entend peu dans les médias. Olbia le blog a souhaité leur donner la parole afin d’en savoir plus sur leur parcours professionnel, leur vision du sport français, les enjeux de leur institution ou de leur entreprise. Nous poursuivons notre série « Eux aussi font le sport français… » avec Mathieu Poplimont, fondateur du magazine Le sport business et du site éponyme.

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Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

J’ai toujours voulu travailler dans le monde de l’entreprise. Le sport, les médias, c’était une passion mais je ne savais pas trop comment faire car aucun contact là-dedans, je suis fils d’artisan coiffeur.

J’ai fait une école de commerce qui avait la particularité d’être en alternance. Assez tôt, j’ai donc pu mettre un pied dans le monde de l’entreprise. Chez M6 web et Adverline, qui sont de bonnes régies publicitaires. Fin 2013, je décide de lancer un site LeSportBusiness.com. Je n’ai à ce moment aucun contact et je réalise déjà pas mal d’interviews de professionnels et de sportifs qui me font confiance. Un lecteur du site me propose une offre de stage, je travaille alors sur la communication de deux événements : Sport Numericus (qui a rassemblé pendant plusieurs années les acteurs du sport et du numérique) et l’Euromed Sport Forum, à Marseille, dans le cadre de la candidature de la Ville pour être capitale européenne du sport.

J’ai ensuite travaillé au sein de la Fédération Française de Ski Nautique et Wakeboard puis un peu aussi pour l’équipe cycliste Direct Energie.

Comment t’est venue cette idée de lancer un titre de presse en kiosque ?

Le magazine a été lancé en janvier 2018 et il y a eu un second numéro en mars. Le numéro de juin sera distribué en kiosque pour la première fois. C’est un essai, afin d’augmenter la diffusion et la notoriété mais c’est n’est pas une condition obligatoire pour exister.

L’idée du magazine, c’est le mélange de plusieurs choses : l’envie de créer, d’entreprendre et de rassembler mes centres d’intérêt. Le sport business est traité dans de plus en plus de médias mais il n’existait pas de magazine sympa, un peu moderne, alors je me suis dit qu’il fallait essayer pour ne rien regretter.

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Quel est ton modèle économique ?

La publicité, clairement. Je ne suis pas Mediapart ou Ebdo, qui a d’ailleurs disparu au bout de 3 mois en début d’année. Il y a un autre magazine qui a disparu récemment (Vraiment). La presse est un marché très compliqué, je ne comprends pas que des investisseurs et des pros arrivent à faire des prévisions de vente et d’abonnés aussi hautes. C’est impossible d’exister à côté des gros titres ou alors il faut traiter de sujets très précis, ou avoir une ligne éditoriale un peu marquée.

Le Sport Business a été construit avec des allumettes. Je ne veux pas être dans la démarche traditionnelle de la presse qui m’obligerait à sortir à une date fixe. Le magazine sortira selon l’actualité, les événements où je peux être diffusé pour augmenter l’audience, les sujets qui peuvent intéresser les annonceurs. Ce n’est pas un projet associatif, je dois bien vivre.

Comment essaies-tu de te différencier de la concurrence ?

Visuellement, déjà. La maquette est sympa, cela donne envie de l’ouvrir. Et je n’ai pas envie de faire de longs sujets techniques. Il y a beaucoup d’interviews, avec de vrais gens, qui travaillent dans le sport. Pour que je sois pris au sérieux, il fallait plusieurs choses : le côté graphique, agréable, un contenu sympa et surtout des personnalités, des noms.

A la différence du web, la durée de vie du papier est plus longue. On peut lire le magazine, le poser, le reprendre. Sur le net, ça va plus vite. On consomme très rapidement les infos.

Quels sont les premiers retours, autant quanti que quali ?

Encore une fois, mon budget est limité mais les retours sont bons. Beaucoup de personnes ont lu ou entendu parler du magazine. Le numéro 0 a été imprimé et envoyé à 1 500 personnes et le numéro 1 à 2 000 exemplaires. A ce chiffre, vous ajoutez plus de 10 000 personnes qui l’ont lu en ligne, j’avais fait le choix de le mettre en libre accès. Celui de juin sera imprimé à 5 000 exemplaires. Je ne vais pas faire comme certains « concurrents » et en imprimer 10, 15, 20 000 pour en vendre moins de 10%.

J’insiste là-dessus mais il faut que les professionnels du secteur jouent le jeu. Produire un magazine, ça a un coût. C’est sympa de vouloir qu’on parle de soi mais tout ça a un prix. Dans ce domaine, comme dans n’importe lequel en fait, cela doit être gagnant-gagnant.

Dans 5 ans, LSB c’est quoi ? 

On va déjà passer la première année d’existence et on verra. Je veux que le magazine m’ouvre d’autres portes, qu’il soit une vitrine, un tremplin pour bosser sur d’autres projets en parallèle. Pour tout vous dire, je réfléchis à organiser un événement, toujours en lien avec le magazine.

Pourquoi avoir choisi ce nom qui t’enferme finalement ? Tu ne peux pas traiter par exemple du sport institutionnel…

C’était le nom du site que j’avais lancé en 2013 et cela résumait bien le sujet. Le sport institutionnel peut aussi être traité, pourquoi pas à travers la plume d’un spécialiste.

Tu fais tout tout seul ?

Oui, entièrement. Sauf pour la maquette. Mais c’est moi qui imagine les sujets, qui contacte les personnalités. Maintenant que je suis identifié, on me propose aussi des sujets. C’est un gros travail et il y a bien un moment où il faudra que je m’entoure pour me faire gagner du temps. Mais c’est une vraie expérience, j’apprends tous les jours et pour le moment, je n’ai aucun regret. Je comprends encore plus à présent les personnes qui sont à leur compte et qui prennent des risques.

 

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