Le guide (presque) pessimiste du sport 2018 #5

Vous connaissez peut-être le Guide pessimiste 2018 de Bloombergses auteurs ne font pas des prédictions, mais déroulent un scénario de politique-fiction de ce qui nous attendrait cette année si les choses tournaient mal. Nous avons récupéré le concept et pour faire le Guide (presque) pessimiste du sport 2018 Pour ce faire, nous avons demandé à plusieurs personnalités (chef d’entreprise, journaliste, parlementaire, professeur d’université…) de s’y essayer. Notre guide est « presque » pessimiste, car nous leur avons demandé d’imaginer une issue pas si pessimiste…

Nous poursuivons ce guide avec Julian Jappert, DG de Sport & Citoyenneté. « Elections européennes de 2019 : victoire écrasante des populistes européens, le sport en sauveur de l’unité européenne ?  »

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Elections européennes de 2019 : victoire écrasante des extrémismes et des populismes européens, bien aidés par les effets de la crise économique de 2008 et par le plus grand parti européen : l’abstention.

Ce bouleversement politique entraine de facto un départ des mécènes providentiels pour des raisons politiques, économiques, et géopolitiques. La situation du football européen entre dans une crise systémique avec une explosion de la bulle spéculative ! En l’absence de mécanismes de régulation adéquats, un cercle vicieux s’installe. Les joueurs sont devenus petit à petit une « matière à spéculation », les championnats nationaux sont de plus en plus déséquilibrés et les clubs sont en graves difficultés financières.

Les institutions européennes et les instances européennes de régulation du football prennent alors aussi conscience qu’en plus d’une politique sociale du sport une régulation stricte des activités économiques est nécessaire afin de préserver l’identité du football européen. Elle est basée sur un système de compétitions ouvertes dans lequel la glorieuse incertitude du sport est mieux assurée en y apportant les modifications indispensables à la compétitivité et à la pérennité des clubs européens. Les joueurs bénéficient dans l’ensemble de très bonnes conditions de rémunération et de protection sociale. L’argent dans le football sest mieux réparti entre tous les clubs européens. Le principe de solidarité cher au mouvement sportif retouvre enfin toute sa substance. Le football européen devient un « espace de partage et de mise en commun des ressources », cher aux pères fondateurs de l’Europe.

De plus, les nouvelles menaces sur l’intégrité des territoires nationaux font reprendre conscience aux peuples d’Europe de l’importance de l’unité. Les dirigeants européens réalisent alors que le sport est un sujet fédérateur et porteur auprès des nouvelles générations.

Emmanuel Macron exprime son souhait de s’appuyer sur le sport pour refonder l’Europe et annonce la constitution d’équipes européennes. L’agenda lui sied bien puisque quelques mois plus tôt l’Europe écrasait l’équipe du reste du monde lors de la Ryder Cup 2018.

Des équipes d’exhibition se mettent en place, puisque l’idée n’est pas de remplacer les équipes nationales, mais de porter l’idée d’une nouvelle Europe, par des mesures symboliques. Les étoiles européennes s’affichent désormais sur le brassard des équipes nationales européennes, et l’hymne européen est joué en lever de rideau des finales européennes.

Une concertation politique a donc lieu pour coordonner davantage la politique européenne du sport en tant qu’activité porteuse d’implications majeures dans les domaines sociaux, éducatifs, sociétaux ou encore de la santé et plus uniquement un divertissement à commercialiser. Il est aussi, un art de vivre ensemble. C’est sans doute cela sa spécificité négligée depuis ce fameux arrêt Bosman…

1 pensée sur “Le guide (presque) pessimiste du sport 2018 #5

  1. Et L’UEFA, folle de joie, laisse le bénéfice des trois prochaines coupes d’ Europe au développement de cet art de vivre ensemble.

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