Le guide (presque) pessimiste du sport 2018 #4

Vous connaissez peut-être le Guide pessimiste 2018 de Bloombergses auteurs ne font pas des prédictions, mais déroulent un scénario de politique-fiction de ce qui nous attendrait cette année si les choses tournaient mal. Nous avons récupéré le concept et pour faire le Guide (presque) pessimiste du sport 2018 Pour ce faire, nous avons demandé à plusieurs personnalités (chef d’entreprise, journaliste, parlementaire, professeur d’université…) de s’y essayer. Notre guide est « presque » pessimiste, car nous leur avons demandé d’imaginer une issue pas si pessimiste…

Nous poursuivons avec le Professeur Alain Loret (@Sport_Web_I), « Les fans de sport lâcheront les offres TV traditionnelles« 

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En matière de sport télévisé deux questions se poseront en 2018. Chacune d’elles sera une grave menace pour l’économie traditionnelle relative au « Sport qui se regarde » :

  1. Le développement exponentiel de l’OTT (Over The Top) dédié au sport va-t-il condamner les opérateurs de la TV sportive payante ? Dit brutalement, cela donne : l’offre classique de BeIN SPORTS a-t-elle son avenir derrière elle ?
  2. De nouvelles offres sportives basées sur des Subscriptions Vidéo on Demand (SVoD) s’imposeront-elles face aux abonnements annuels ? Dit brutalement, cela donne : l’offre sportive historique de Canal+ est-elle dépassée ?

La première question se fonde sur le fait que l’OTT-Sport, c’est-à-dire un service de streaming sportif (légal, car il existe déjà des services piratés) capable d’ubériser l’offre traditionnelle des détenteurs de droits, sera propulsé par des majors de l’Entertainment comme Disney ou du Web comme Amazon. Actuellement, via sa chaîne sportive ESPN (leader aux Etats-Unis), qui change à toute allure de business model pour produire elle- même ses programmes sportifs, Disney va établir à grands frais un « cycle court » de production-diffusion des images de sport qui pourrait prendre le nom générique de Sportainment TV. Elle sera vite suivie par les GAFA.

La seconde question se fonde sur le fait que la génération des Millennials (nés entre 1980 et 2000) a pris l’habitude de consommer des films en SVoD proposés par Netflix, Molotov, YouTube ou SFR Play au détriment de l’offre des télévisions. Ils vont transférer ces nouveaux modes de consommation dans l’écosystème sportif télévisuel. Ce sera un bouleversement total des règles et des usages de consommation d’images sportives sur un écran dit « sédentaire ». Avec deux conséquences complémentaires : cette génération va (1) acheter des matches « à l’unité » ou « à la demande » qu’ils (2) regarderont en streaming sur leurs smartphones en situation de « mobiquité » (mobilité + ubiquité).

En 2017, 56% des Français de plus de 40 ans privilégiaient encore la box TV, c’est-à-dire la télévision linéaire d’un opérateur traditionnel. S’ils sont majoritaires, ce qui compte ce sont les mégatrends (les grandes tendances). Or, ce pourcentage est à la baisse. Pour cette population, les box tierces (AppleTV, Shield, Android TV ou Chromecast) ne présentent que peu d’intérêt. A l’inverse, les moins de 35 ans sont de plus en plus nombreux à préférer les seconds écrans (tablettes, ordinateurs, portables) et privilégient les box tierces. La question pour les opérateurs sportifs traditionnels est donc simple : cibler le futur ou continuer à viser le passé ?

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