Chaumont : le volley au service du territoire, le territoire au service du volley ?

Un article dans L’Equipe d’hier (Samedi 26 avril) parle du club de volley de Chaumont et de sa salle vétuste, « le chaudron », construite en 1957 et pouvant accueillir 847 spectateurs en configuration volley. Le président du club, Bruno Soirfeck, souhaiterait connaître (enfin ?) la position des élus concernant un projet de nouvelle salle, sujet local récurrent semble t’il…

L’article adjacent est consacré à Ajaccio (les deux clubs sont en demi-finales de la Ligue A), dont le club de volley s’est vu construire une salle moderne, le Palatinu, d’une capacité de 3000 places et d’un coût de construction de 11 M€ et de 600 000€ de fonctionnement annuel, qui est, pour le journaliste du quotidien, « le catalyseur du formidable parcours d’Ajaccio » en Ligue A.

Régulièrement, et l’exemple récent de Luzenac le démontre très bien (http://www.20minutes.fr/sport/1359873-20140424-fabien-barthez-luzenac-ont-presque-envie-sexcuser-monter-l2) , un club monte sportivement de division et les exigences en terme d’équipements sportifs allant avec (capacité, éclairage pour la TV…) rendent inutilisables les enceintes possédées par les collectivités. Conséquence : les dirigeants sportifs se tournent vers leurs élus…

Pour ne plus voir d’éléphant blanc, encore plus inadmissible en temps de crise, il est nécessaire que les ambitions sportives et territoriales se rejoignent pour construire un projet adapté porté par des acteurs sportifs et politiques solides.

Alors, une nouvelle salle à Chaumont, gabegie ou investissement utile ?

Tout d’abord, cette salle aurait quelle capacité, avec quel modèle économique et pour quelle utilisation (sport uniquement ?) ?
A notre connaissance, aucun projet concret ni de déclarations d’élus politiques ou sportifs ne donne de précision sur ces points. Le Palatinu Ajaccien semble d’une capacité raisonnable pour Chaumont. En effet, rappelons que les demi-finales de la ligue A disputées hier ont attiré 2650 spectateurs à Tours et 2200 à Ajaccio. Une salle de 3000 places semble suffisante pour Chaumont.

Il est utile de dire également que Chaumont, ce n’est pas Luzenac et ses 551 habitants, sans faire injure au village du club de Fabien Barthez qui vient d’accéder à la Ligue de 2 de football et qui souhaiterait avoir son stade aux normes…

Chaumont, 24500 habitants, est la préfecture de la Haute-Marne.

Luc Chatel, ancien maire de Chaumont (2008-2013), ministre de l’Education nationale de 2010 à 2012 et Député de Haute-Marne, présidait encore il y a peu la communauté d’agglomération du pays chaumontais et continue de s’intéresser à son devenir. Elle comprend notamment Colombey-les-deux-églises et a dans ses compétences « Etude, construction, aménagement, entretien et gestion d’équipements sportifs, touristiques ou culturels d’intérêt communautaire ». (http://www.agglo-chaumont.fr ). S’il existe une volonté politique de construire cette salle, ne doutons pas que le projet puisse aller au bout…
Et volonté politique, il semble y avoir : Christine Guillemy, la maire de Chaumont, numéro 1 d’une liste sur laquelle l’ancien ministre figurait, a fixé 5 priorités pour son mandat, à l’occasion de l’élection municipale de mars dernier dont « le développement économique et l’emploi et faire de Chaumont une ville qui bouge ! » Son programme précise également qu’elle veut « des infrastructures répondant aux besoins du sport de haut niveau » (http://www.chaumontenmouvement.fr/site/notre-programme/) .

Pour reprendre l’exemple corse, l’objectif numéro 1 des élus lors de la construction de leur équipement était de « renforcer l’attractivité de son territoire en le dotant d’un équipement fonctionnel et modulable » (http://www.palatinu.fr/tout-savoir-sur-le-palatinu).

Autre atout pour voir la salle se construire, le Chaumont VB 52 est le seul club du département à participer à un championnat professionnel d’un des 5 sports collectifs majeurs (Foot, rugby, basket, hand et volley). Cette indication est d’importance car en ces temps de diminution des dépenses publiques, focaliser les investissements sur ce qui marche et éviter le saupoudrage, pourraient inciter les élus locaux à vouloir accompagner moins de clubs professionnels.

Last but not least, le club existe depuis 50 ans, a passé 16 ans en Pro B et joue en Ligue A depuis 2 saisons. Aujourd’hui, il joue les en demi-finales de la ligue A de volley et pourrait participer l’an prochain à la Ligue des champions. Sans salle, il devrait jouer à Chalons en Champagne (175 km) ou à Dijon (100km), d’après L’Equipe.

Un club professionnel ambitieux, avec un long passé dans le haut niveau, un territoire sans aucun autre club professionnel, un département à redynamiser sur le plan économique (68° sur 96 en terme de PIB), des élus volontaires et d’envergure nationale, tous les ingrédients semblent réunis, non ?

Si le projet sportif rencontre l’ambition politique et territoriale et que la salle est en adéquation avec les besoins, la future salle de Chaumont sera un investissement d’avenir pour le territoire et le volley professionnel.

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