Le sport et les femmes : et si le sport français devenait pragmatique ?

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, et Valérie Fourneyron, ministre des sports, ont fait de la promotion du sport féminin, et de la place des femmes dans le sport notamment, un combat, imposant par exemple dans un projet de loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, (http://www.senat.fr/leg/pjl13-321.html), la parité stricte dans les organes décisionnels des fédérations sportives (avec une exception pour celles dont le taux de licenciées est inférieur à 25%).

Le combat est juste mais est-ce nécessaire d’imposer ?

Oui, nous répondront ceux qui pensent que le sport français est misogyne et refermé sur lui-même.
Oui, nous répondront ceux qui veulent que la révolution arrive vite.
Oui, nous répondront ceux qui prônent une discrimination positive nécessaire pour faire bouger les lignes.

Nous pensons néanmoins que seule une prise de conscience permettra un changement pérenne des mentalités et donc des pratiques.

Pour commencer, et de façon totalement pragmatique, les femmes composant 50% de l’espèce humaine, donc 50% des cerveaux humains, se priver d’elles implique mécaniquement d’amputer le sport français de 50% de l’intelligence française disponible ! Ce simple constat devrait faire réagir…

De plus, un article récent d’Emile Servan-Schreiber dans le magazine Clés intitulé « Un groupe est toujours plus fort que vous » (http://www.lumenogic.com/www/static/pdf/ess-cles.pdf) nous enseigne de nombreuses choses sur l’intelligence collective et les performances des femmes dans un groupe.
L’auteur explique que pour composer un groupe intelligent, il faut de la diversité de point de vue, de l’indépendance dans les prises de parole et de choix et des acteurs au plus près du terrain, mais aussi…des femmes en nombre pour notamment une raison originale…

En effet, selon le professeur Michael Ferrary de l’université́ de Genève, les dix entreprises du CAC 40 les plus féminisées – au moins 35% de cadres supérieurs féminins – ont largement surperformé l’indice de référence pendant la grande crise de 2007 à 2012, en ne perdant que 5,3% de valorisation en bourse contre 34,7% pour l’ensemble du CAC 40.
Il explique ceci par le fait que les femmes sont en général plus enclines que les hommes à laisser les autres s’exprimer, et à les écouter. C’est donc la qualité́ de la communication entre les membres du groupe qui est déterminante. L’auteur explique également que la diversité des points de vue contribue autant à l’intelligence du groupe que la somme des connaissances.

Le futur du sport féminin, ce n’est donc pas une loi et ses mesures contraignantes. Ce sont les premières fédérations, les premiers clubs professionnels ou de haut niveau qui se rendront compte du potentiel non exploité et de l’avantage que leur donnerait de puiser dans des compétences aujourd’hui non utilisées. A terme, le fait de faire davantage de place aux femmes dans les instances dirigeantes s’imposera parce qu’il fera gagner des matches, des médailles, des licenciés, des partenaires…

Laisser un commentaire