Lance Armstrong, le pardon et l’espoir…

Depuis son interview fleuve avec Oprah Winfrey en janvier dernier, Lance Armstrong s’est lancé dans un road show du Grand Pardon.
Hier, dans L’équipe, figure sur deux pages une discussion qu’il a eue avec Christophe Bassons, ce coureur cycliste français mis au ban du peloton, notamment à cause d’Armstrong, en 1999, un an après l’affaire Festina, car il revendiquait faire le Tour « à l’eau claire », et qui arrêta sa carrière deux ans plus tard à seulement 25 ans, en grande partie à cause de cela. Aujourd’hui, ce dernier travaille pour la lutte contre le dopage au ministere des sports.

Cet échange possède donc une saveur particulière, un mélange de soufre, de rédemption, de cynisme, de naïveté….et d’espoir.

Le champion déchu américain y affirme vouloir participer activement à la lutte contre le dopage et demande pardon.

Qu’en penser ? Faut-il pardonner ? Faut-il s’offusquer (ou sourire…) que L’équipe lui redonne la parole ainsi ? Faut-il mépriser ou se réjouir de ce nouvel épisode de l’affaire Armstrong ?

Le pardon… S’interroger sur l’opportunité d’un pardon, c’est connaître au préalable les limites de l’impardonnable. Ces dernières ayant été largement repoussées, en ce qui nous concerne, par la vision, la volonté et la grâce d’un homme exceptionnel, Nelson Mandela, après un combat autrement plus violent, que nous ne situerons pas le débat à ce niveau.

Et puis, est-ce vraiment la question ? Chacun est libre de lui pardonner ou pas, si tant est que cela l’intéresse. Les amoureux de la Grande boucle, les fans de L.A., les cyclistes du dimanche, les sportifs en général, chacun pense bien ce qu’il veut. C’est très personnel et ça ne changera rien a l’histoire.

Alors, interrogeons-nous plutôt sur pourquoi L.A. fait-il cela ?

Pour pouvoir de nouveau participer à des compétitions, pour signer de nouveau avec des sponsors, pour se regarder dans la glace, pour la renaissance du cyclisme, pour être à côté des anciens vainqueurs du Tour un dimanche soir de juillet sur les Champs dans 10 ou 20 ans, ou tout simplement pour pouvoir expliquer a ses enfants avec un minimum de crédibilité la différence entre le bien et le mal?

Nous ne savons pas et ce n’est pas le plus important. Le plus important, pour le Tour, pour le cyclisme et le sport en général, et quelle qu’en soit la raison, c’est qu’il dise qu’il veut collaborer.

Nous ne faisons pas partie de ceux qui pensent qu’il n’est pas crédible pour parler d’antidopage. Au contraire. Qui connaît mieux le dopage que lui ? Les faussaires repentis font souvent les meilleurs spécialistes au service de la répression des fraudes (lisez ou regardez « Catch me if you can » a propos de la vie de Franck Abagnale Jr.) !

Arrêtons de nous interroger sur les intentions de Lance Amstrong, sur le fait de lui pardonner ou pas, et demandons-nous plutôt comment il pourrait aider à combattre ce fléau dont la puissance même est que les tricheurs auront toujours un temps d’avance. Jugeons-le sur ses actes futurs, ceux-la ne pourront être faux.
Donnons la chance à ce sport de poursuivre sa renaissance.
Donnons au Tour la chance de rester le Tour.
Armstrong peut y contribuer ? Tant mieux pour le sport, le vélo et le Tour.

1 pensée sur “Lance Armstrong, le pardon et l’espoir…

  1. La conclusion, par son originalité et sa réflexion positive, mérite d’être lue puis écoutée de tous :

    « Arrêtons de nous interroger (…) et demandons-nous plutôt COMMENT Lance Armstrong pourrait aider à combattre le fléau [du dopage] qui par nature court ou plutôt roule toujours devant. (…) Donnons la chance à ce sport de poursuivre sa renaissance. (…) »

    Merci !

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