Taxation à 75% : les élus des villes de football vont-ils s’engager ?

Bernard Caïazzo, président de l’AS Saint-Etienne, prend aujourd’hui la plume dans le journal L’Opinion pour défendre la position des clubs de football contre la taxation à 75%.

On y retrouve les arguments formulés depuis plusieurs semaines par la LFP et l’UCPF sur ce sujet (absurdité de taxer les clubs plutôt que les joueurs, dispositif favorisant in fine le PSG et Monaco soit les deux clubs les plus riches).

De manière plus originale, Bernard Caïazzo explique aussi concrètement ce que signifierait l’application des 75% à l’ASSE, un club de football « normal », à la fois ambitieux et rigoureux dans sa gestion (aucun salaire fixe n’y atteint le million d’euros, ce montant de rémunération étant dépassé pour huit joueurs du fait des primes obtenues à la suite des bons résultats de la saison 2012-2013).

« Sur deux saisons ce sont près de 4 millions d’euros de taxe que le club devra payer. Ce qui l’obligera à diminuer son niveau de compétitivité en vendant des joueurs, mais aussi à diminuer son budget formation de jeunes qui est une des clés de sa réussite. Le projet de l’ASSE de redevenir un club européen avec des valeurs différentes de Monaco ou du PSG se trouvera injustement remis en cause du fait de cette ponction fiscale et sociale qui en trois saisons, avec la fin du DIC [droit à l’image collective], aura atteint 6 millions d’euros supplémentaires par saison depuis 2011 alors que le budget du club est de 50 millions. »

Une démonstration qui mériterait d’être mieux entendue dans le débat actuel. Les élus des villes de football ne pourraient-ils pas y aider ? Les arguments de la LFP et l’UCPF auraient en effet davantage d’impact s’ils étaient relayés, de façon non partisane, par des édiles ou parlementaires de Saint-Etienne, Bordeaux, Montpellier, Marseille, Rennes, Nice…

L’apport des clubs à ces villes est indéniable comme le rappelait Maurice Vincent, sénateur-maire de Saint-Etienne, président de Saint-Etienne Métropole, dans le Baromètre 2012 de l’UCPF :

« La dimension économique prend de plus en plus d’importance, avec un impact principalement local. Au-delà, le club est aussi un vecteur d’image, permettant l’exposition de la « marque Saint-Etienne » avec, par exemple, la popularité et la diffusion des produits dérivés qui « voyagent » avec les supporters. Par ailleurs, le football peut être un vecteur de développement touristique, et nous y travaillons. »

Les élus locaux auraient donc un vrai intérêt à défendre publiquement leur club et l’aménagement de la taxe à 75%. A quand une union sacrée pour préserver le football professionnel ?

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